11 novembre

Ce 11 novembre est particulier car aucun poilu n’y assistera. Lazare Ponticelli, le dernier d’entre eux, nous a quitté cette année.

Pour honorer sa mémoire et celle des millions de jeunes hommes - européens, américains, africains - morts, chair à canon, pions d’une partie d’échecs qu’ils ne contrôlaient pas, voici l’origine du mot poilu et du bleuet, symbole de mémoire et de solidarité. En Angleterre, le symbole du souvenir est le coquelicot d’après le poème de John McCrae « In the Flanders fields ».

D’où vient l’expression « un poilu » ? ( Source : NOUVELOBS.COM | 17.03.2008)
Si le terme a été immortalisé par la Grande Guerre, il lui est bien antérieur puisqu'il désignait déjà les soldats napoléoniens.
Il s'agit en effet d'un terme militaire, datant de plus d'un siècle avant la Première Guerre mondiale, qui désignait, dans les casernes où il prédominait, l'élément parisien et faubourien, soit l'homme d'attaque qui n'a pas froid aux yeux, soit l'homme tout court.
Il désignait également dans le langage familier quelqu'un de courageux. L'expression la plus ancienne est "un brave à trois poils", que l'on trouve chez Molière en 1659 dans "Les Précieuses Ridicules" et plus tard “poilu”, homme courageux et intrepide, chez Balzac. dans "Médecin de campagne" (1833)
Mais c'est surtout dans les tranchées que cette épithète s'est généralisée, pour désigner tout à la fois les braves qui ont vu le feu de près et ceux qui sont restés au front où ils ont laissé pousser barbe et moustache.

Les "Bleuets" devenaient des "poilus"
Ces poilus, accueillaient les "Bleuets", surnom donné aux jeunes soldats, qui après leurs classes, rejoignaient le front et qui à leur tour prenaient le nom de poilus.

Et le coquelicot ?
Le poème « In Flanders Fields » a été publié pour la première fois dans le magazine Punch de l'Angleterre, en décembre 1915. En quelques mois, ce poème allait y devenir le symbole des sacrifices consentis par tous les combattants de la Première Guerre mondiale. (Adaptation de Jean Pariseau, major, du poème « In Flanders Fields » de John Mac Crae)

Le coquelicot

Au champ d'honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix, et dans l'espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor '
A nos parents, à nos amis,
C'est nous qui reposons ici,
Au champ d'honneur.
A vous jeunes désabusés,
A vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre et de liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.